mai 05, 2006
Profits virtuels
"La question n'est pas de savoir si ça va arriver, mais quand. Il y a trop d'argent en jeu pour que ça ne se produise pas."
Un pas de plus vers le rapprochement entre économies virtuelles et réelles. Les éditeurs jeux de rôles massivement multijoueurs, MMORPG de leur petit acronyme, voient pour certains d'un mauvais oeil les économies parallèles à leur jeu, comme Blizzard et son World of Warcraft. Ils interdisent la mise en vente d'objets virtuels trouvés dans le jeu contre des espèces sonnantes et trébuchantes, réelles, elles. (Blizzard surprime régulièrement des comptes de joueurs dans ce cas.) Certains tolèrent le phénomène, ou alors ils tentent de créer leur propres structures, histoire de garder un max de brouzoufs chez eux.
Mindark, développeur suédois à l'origine de Entropia Universe, et de dernier cas, et va même plus loin.
En effet, outre les bouts de jeu, les contenus payants, comme la station spatiale achetée pour des 100,000 dollars tout ce qu'il y a de plus tangibles, en novembre, par un Américain, qui à rentabilisé rapidement son investissement en créant une sorte d'hôtel virtuel; le développeur à autorisé la vente, et l'achat, de la monnaie factice en vigueur dans l'univers du jeu (les Project Entropia Dollars, PED). Et ils viennent tout juste d'annoncer la créations d'une carte de crédit spéciale, qui permettra de retirer ses PED durement gagnés pour s'offrir un gueuleton dans le trois étoiles le plus chicos de la ville. Ou du bistrot au coin de la rue, pour ceux qui ont plus de mal.
Les hackers et autres cheaters qui utilisent des failles du jeu ou n'importe quel autre technique illégale pour gagner de l'argent ingame, maintenant que cet argent aura une valeur dans la vraie vie seront-ils désormais considérés comme des criminels et des faussaires? L'absence de régulation n'est-elle pas une porte ouverte à tous les abus?
Les responsables assurent avoir verrouillé le système, mais honnêtement, combien de temps faudra t-il pour que ça tienne? Il est presque sur que les économies souterraines ont déjà fait leur trou, ces chers développeurs n'ont pas les obligations d'une banque.
De plus, il y a un doute: tous les joueurs ne regardent pas d'un bon oeil ces pratiques, il suffit de regarder le contrat d'utilisation d'Entropia pour s'apercevoir, entre autres choses, que les objets ingame restent officiellement la propriété de Mindark. Sans compter que le jour ou le jeu cessera de fonctionner, les adieux à ses belles acquisitions comme son set d'armure +7 ou sa baraque sur la plage risquent d'êtres dures.
Mindark à bien l'intention, donc, de contrôler le système à son propre profit...jusqu'à l'intervention de l'Etat, avec son lot de taxes et impôts sur le revenus.
A la base, un jeu, c'est pas fait pour s'évader un peu, oublier le fisc qui vous harcèle depuis des mois? Côtoyer des bourgeois, (ou des prolos si vous êtes un riche) et buter ensemble des streums, parce que ce n'est pas grâce à l'argent de son papa banquier que votre pote paladin à obtenu son épée runique légendaire, mais parce que qu'il l'a récupéré sur le cadavre de la liche Poulmax, que vous avez aidé à détruire parce qu'elle vous rappelait votre inspecteur des impôts?
Je sais pas moi, un jeu qui me réclamerait des arriérés à hauteur d'un triple smic pour obtention d'un arc elfique, où l'Etat viendrait me dire que je dois payer l'ISF ou rendre mon armure en mithril...ça me refroidirait...
Même si je pourrais gagner plein de thunes...ce qui reste théorique, comme dans la vie.
Il y a vraiment que le fric qui intéresse les gens...
22:40 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : actu plus ou moins insignifiante

